Un carrelage antidérapant est un carrelage dont l'adhérence est mesurée sur un plan incliné, puis traduite en une note. Trois classements coexistent : la note R pour un sol chaussé, la note A, B, C (pieds nus) pour la salle de bain, la douche et la piscine, et le PEI, qui note l'usure du carreau, pas la glissance.
En bref
- Norme R9 à R13 (DIN 51130), sol chaussé : R10 en salle de bain et en cuisine, R11 en extérieur et sur une terrasse.
- Norme A, B, C (DIN 51097), pieds nus : classe B pour une douche, classe C, au bord d'une piscine. Elle ne se déduit pas de la note R.
- Classement PEI : il note la résistance des carreaux émaillés à l'usure, pas leur sécurité au glissement.
- Classement UPEC du CSTB : usure, poinçonnement, eau, agents chimiques. Aucune de ces quatre lettres ne mesure l'adhérence.
Que mesure vraiment un classement de carrelage antidérapant ?
Un carrelage n'est jamais antidérapant dans l'absolu. Il l'est pour une utilisation donnée : un pied nu mouillé de savon sur la surface d'une douche, une semelle de chaussure sur un revêtement gras, un fauteuil roulant sur une pente douce. Choisir suppose donc de savoir laquelle de ces situations concerne la pièce, car la glissance se décline en plusieurs classements plutôt qu'en une note unique.
Le principe de mesure est toujours le même. Un opérateur marche sur une surface progressivement inclinée jusqu'à perdre l'adhérence. L'angle atteint au moment du glissement des carreaux donne la note. Ce qui change d'un essai à l'autre, c'est ce qu'on répand sur le carrelage et ce qu'on met aux pieds de l'opérateur. Deux paramètres, et deux classifications qui ne se convertissent pas.
Une précision utile avant d'entrer dans le détail : ces essais se font sur un carrelage neuf, propre et sec de tout résidu. La note décrit un potentiel d'adhérence, pas l'état d'un sol après trois ans de produit d'entretien mal rincé. Ce guide y revient plus bas, car c'est la première cause d'écart entre la fiche technique et le ressenti réel.
Le classement R9 à R13 : l'adhérence en marche chaussée
C'est le plus connu et le plus affiché des classements de carrelage. Il vient de la norme allemande DIN 51130, adoptée par la quasi-totalité des fabricants européens. L'essai fait marcher un opérateur équipé de chaussures de sécurité à semelle crantée sur un plan recouvert d'huile de moteur, puis relève l'angle d'inclinaison auquel il commence à glisser.
Les cinq classes et leurs angles
| Classe | Angle mesuré | Utilisation courante |
|---|---|---|
| R9 | 6 à 10 degrés | Pièces sèches : séjour, chambre, couloir |
| R10 | 10 à 19 degrés | Salle de bain, cuisine domestique, entrée |
| R11 | 19 à 27 degrés | Terrasse, abord de bassin, garage |
| R12 | 27 à 35 degrés | Cuisine professionnelle, atelier |
| R13 | au-delà de 35 degrés | Industrie agroalimentaire, laboratoire |
La progression n'est pas linéaire. Entre un carrelage R10 et un R11, l'écart d'angle peut atteindre neuf degrés, quand il n'est que de quatre entre R9 et R10. Un saut d'une classe ne représente donc pas partout le même gain d'adhérence, et une note élevée ne se lit jamais comme une moyenne des précédentes.
Le R10 couvre la salle de bain courante, où le format et le nombre de joints pèsent autant que la note elle-même. Notre guide de la mosaïque en salle de bain revient en détail sur ce rapport entre découpe et adhérence.
Le volume de déplacement, l'indication qu'on oublie
La même norme prévoit un second essai, moins connu, qui note le volume de déplacement sous la forme V4, V6, V8 ou V10. Le chiffre exprime le volume creux disponible sous le niveau de la surface, en centimètres cubes par décimètre carré. Autrement dit : la place dont dispose un liquide pour s'écouler sans former de film.
Cette information compte dès qu'un sol reçoit de l'eau en continu. Un carreau très structuré peut afficher une excellente note R tout en retenant l'eau à sa surface si son relief est fermé. La mention V n'apparaît que sur les produits destinés aux locaux techniques, mais quand elle figure sur une fiche, elle mérite d'être lue.
Le classement A, B, C : l'adhérence pieds nus
La norme DIN 51097 reproduit une situation entièrement différente. L'opérateur marche pieds nus, et le contaminant n'est plus de l'huile mais de l'eau additionnée de savon. C'est la situation d'une douche, d'un vestiaire ou d'une plage de piscine, et elle appelle sa propre classification, souvent appelée norme ABC.
Les trois classes et leurs angles
- Classe A : glissement entre 12 et 17 degrés. Zones sèches à humidité occasionnelle, vestiaires, abords de douche individuelle.
- Classe B : glissement entre 18 et 23 degrés. Douches collectives, sols de salle d'eau, pourtour de bassin.
- Classe C : glissement au-delà de 24 degrés. Plages de piscine en pente, marches immergées, pédiluves.
Une classe C, elle, se recommande partout où le pied nu rencontre à la fois de l'eau, une pente et un risque de chute. À l'inverse, choisir ce niveau pour une salle de bain domestique n'apporte rien : le relief nécessaire pour atteindre cet angle rend le nettoyage nettement plus contraignant, pour une exposition au risque bien moindre.
Pourquoi les normes R et ABC ne se convertissent pas
C'est le point que la moitié des pages consacrées au sujet passent sous silence, et il vaut d'être posé clairement : il n'existe aucune table de conversion entre le classement R et le classement A, B, C. Les deux essais diffèrent par le contaminant, par la chaussure et par l'angle de départ. Un carrelage R11 peut être classé B, ou ne porter aucune note pieds nus s'il n'a jamais été soumis au second essai.
La conséquence est pratique. Pour une salle de bain, une douche ou une piscine, c'est la note pieds nus qui renseigne, et elle seule. Un fabricant qui n'annonce qu'une note R sur un carrelage destiné à ces pièces ne donne pas l'information pertinente : il faut la demander, ou choisir un modèle qui la porte.
Le coefficient de frottement, l'autre façon de mesurer
Le plan incliné n'est pas la seule méthode. Une seconde famille d'essais mesure directement le coefficient de frottement entre un patin normalisé et la surface, ce qui présente un avantage décisif : la mesure peut se faire sur un sol déjà posé, et pas seulement en usine sur un carrelage neuf.
L'essai au pendule
La norme européenne NF EN 13036-4 décrit un appareil à balancier dont le patin frotte la surface sur une longueur donnée. La hauteur que le pendule atteint après le contact donne un indice appelé PTV, pour Pendulum Test Value. Plus l'indice est élevé, plus la surface freine. L'essai se pratique à sec et en conditions humides, et c'est la seconde valeur qui compte pour juger un sol mouillé.
Son intérêt principal tient à l'expertise : lorsqu'une glissade fait l'objet d'un litige, c'est cette mesure sur site qui permet d'établir l'état réel du sol au moment des faits, là où une note R ne décrit qu'un carrelage sorti d'usine.
Le DCOF nord-américain
Sur le continent américain, la référence est la norme ANSI A326.3, qui mesure un coefficient de frottement dynamique, le DCOF. La valeur retenue comme seuil est de 0,42 en conditions humides pour un carrelage intérieur de plain-pied susceptible d'être mouillé. C'est une classification à part entière, non convertible en note R.
Concrètement, un fabricant qui exporte affiche parfois les deux informations sur la même fiche. Voir un R10 et un DCOF de 0,45 côte à côte n'est pas une contradiction : ce sont deux essais distincts d'une même propriété, avec des protocoles et des unités qui n'ont rien de commun.
Le classement PEI : l'usure, pas l'adhérence
Le classement PEI est probablement le plus souvent mal interprété. Il tire son nom du Porcelain Enamel Institute et se détermine selon la norme NF EN ISO 10545-7. Ce qu'il mesure est la résistance de la surface à l'abrasion, c'est-à-dire à l'usure mécanique provoquée par le passage et par les particules abrasives ramenées sous les semelles.
Ce que dit la note
La note va de PEI 1 à PEI 5, une valeur 0 désignant les produits réservés à la pose murale. Un PEI 2 convient à une chambre ou à une salle de bain, un PEI 3 à l'ensemble des pièces d'un logement, un PEI 4 à une circulation intensive, un PEI 5 aux sols collectifs très fréquentés. Le niveau se choisit sur le passage attendu, jamais sur l'humidité de la pièce.
Un carreau PEI 5 posé au bord d'un bassin restera glissant s'il n'a pas été traité pour l'adhérence, et un carreau R11 se rayera si sa surface est fragile. Les deux notes sont indépendantes et doivent être lues ensemble sur une fiche produit, jamais l'une à la place de l'autre.
Pourquoi certains carreaux n'ont pas de PEI
L'essai d'abrasion de surface ne s'applique qu'aux carreaux émaillés. Un grès cérame pleine masse, dont la matière est identique sur toute l'épaisseur, ne porte donc aucune note PEI. Ce n'est pas une lacune de la fiche technique : l'usure y est jugée sur d'autres critères, la surface qui apparaît après abrasion étant de même nature que celle d'origine.
Cette absence explique une confusion fréquente au moment de choisir. Un carrelage sans mention PEI n'est pas un produit moins résistant, c'est souvent l'inverse. C'est un carrelage dont la structure rend l'essai sans objet, et la comparaison doit alors porter sur d'autres indices que celui-là.
Le classement UPEC : le repère français du CSTB
Là où les normes R et ABC viennent d'Allemagne et le PEI d'une norme internationale, l'UPEC est le référentiel français. Il est délivré par le CSTB, le Centre scientifique et technique du bâtiment, et ne concerne que les revêtements de sol. Il prend la forme de quatre lettres suivies chacune d'un chiffre, par exemple U4P4E3C2.
Ce que disent les quatre lettres du classement UPEC
- U comme usure : résistance à l'abrasion produite par la marche, notée de 2 à 4.
- P comme poinçonnement : tenue aux charges concentrées, mobilier lourd et roulettes.
- E comme eau : comportement du carrelage en présence d'humidité et de nettoyage à grande eau.
- C, pour les agents chimiques : résistance aux produits d'entretien et aux taches.
Le classement UPEC sert d'abord à prescrire un revêtement pour un local précis. Chaque type de pièce, du logement au local commercial, se voit associer un niveau UPEC minimum, et le carrelage retenu doit l'atteindre ou le dépasser. C'est un outil de prescription plus qu'un argument commercial, et c'est ce qui fait de la norme UPEC un repère fiable pour choisir.
Ce que l'UPEC ne dit pas
Aucune des quatre lettres ne décrit l'adhérence. Le E renseigne sur la tenue du carrelage à l'eau, ce qui est une tout autre question que le comportement d'un pied mouillé posé dessus. Un carrelage classé E3 peut parfaitement être glissant une fois humide.
Nous avons donc quatre classifications, trois grandeurs mesurées, et un seul recouvrement partiel : l'usure, que notent à la fois le PEI et la lettre U du classement UPEC. Pour la glissance, il n'existe que la note R, la note pieds nus et le coefficient de frottement.
Quel classement choisir selon la pièce ?
Le choix se construit en croisant trois informations, et c'est la partie de ce guide à retenir en priorité : est-on chaussé ou pieds nus, le sol reçoit-il de l'eau, et quelle est l'intensité du passage. Les conseils qui suivent reprennent la pratique professionnelle courante et valent pour un logement. Ce guide les donne pièce par pièce, par exemple pour une salle d'eau ou une zone extérieure.
- Séjour, chambre, couloir : R9 suffit, la note PEI est ici le critère déterminant. Un PEI 3 couvre une utilisation familiale normale.
- Cuisine domestique : R10 et un PEI 4 si le passage est intense. Choisir un R12 est un contresens, son relief piégeant les projections grasses.
- Salle de bain : R10 et classe A ou B. La note pieds nus prime, puisque c'est ainsi que la pièce se pratique.
- Douche à l'italienne : classe B au minimum, avec une attention particulière au format. Un petit carreau ou une mosaïque pour salle de bain et piscine multiplie les joints, et donc les points d'accroche.
- Terrasse et abords extérieurs : R11 est la référence. Les gammes de carrelage extérieur et terrasse sont conçues pour ce niveau.
- Plage de piscine : classe C, pieds nus, dès qu'il y a une pente, R11 ou R12 pour les zones de circulation chaussée.
- Escalier extérieur : R11 au minimum, avec un nez de marche traité. La chute y est plus grave qu'ailleurs.
Un mot sur l'accessibilité. Les locaux recevant du public doivent présenter des sols non glissants, exigence posée par la réglementation applicable aux PMR sans être traduite en note R chiffrée. Dans les faits, les prescripteurs retiennent le plus souvent un R10 en circulation intérieure et un R11 dès que le sol est exposé aux intempéries. Pour un logement privé, aucune obligation réglementaire ne fixe de niveau minimum : le classement du carrelage est une information de choix, pas une contrainte légale. Cette distinction entre exigence PMR et confort domestique explique beaucoup de recommandations inutilement sévères.
Les avantages d'un carrelage antidérapant, et ses limites
L'avantage principal se mesure en sécurité. Une glissade sur sol mouillé se produit dans un temps trop court pour être rattrapée, et les zones concernées sont toujours les mêmes : sortie de douche, abord de bassin, seuil d'entrée un jour de pluie. Sur ces quelques mètres carrés, une note d'adhérence élevée change réellement le risque de chute.
Le second avantage est la stabilité dans le temps. Une adhérence obtenue par la structure du carrelage fait partie de la matière : elle ne s'évapore pas comme un traitement de surface, et elle traverse les années au même titre que la teinte ou la résistance au gel.
Les limites méritent d'être dites aussi clairement, un guide qui ne mentionnerait que les bénéfices étant de peu d'usage. La première est l'entretien : plus le relief est marqué, plus il retient les salissures, et un niveau R12 domestique demande un effort de nettoyage disproportionné. L'humidité qui stagne dans le relief accélère d'ailleurs l'encrassement. La deuxième est esthétique : les surfaces très structurées ont un rendu mat et granuleux qui ne convient pas à tous les projets, quand une finition polie, plus flatteuse, est aussi la plus glissante. Il y a là un arbitrage réel entre sécurité et rendu, et personne ne peut le trancher à la place de l'occupant.
La troisième limite est la plus mal comprise : une note élevée ne dispense de rien. Elle ne remplace ni une pente d'évacuation correcte, ni un tapis de sortie de douche, ni un entretien régulier. Le classement décrit une propriété du carrelage, pas la sécurité d'une pièce, et confondre les deux conduit à négliger ce qui protège vraiment.
Les types de surface et ce qu'ils changent
Un même niveau d'adhérence s'obtient par des voies différentes, et elles n'ont pas les mêmes conséquences à l'usage.
La structuration de surface est la plus répandue. Le carreau reçoit au moment de la fabrication un relief qui rend toute sa surface antidérapante, souvent imperceptible à l'oeil. Elle est durable puisqu'elle fait partie de la matière, mais elle rend le nettoyage plus exigeant à mesure que le relief s'accentue.
Les finitions imitant la pierre naturelle exploitent le même principe avec un rendu plus marqué. Une gamme de carrelage effet pierre naturelle atteint fréquemment un R11 sans recourir à un relief artificiel, la texture minérale y suffisant. Le carrelage imitation parquet obtient un résultat comparable par le grain du bois reproduit en surface.
Les émaux techniques incorporent des particules dures dans la couche émaillée : ces émaux donnent une finition antidérapante sans relief marqué. Le rendu reste lisse au toucher, ce qui séduit en intérieur, avec un gain d'adhérence plus modeste que celui d'un relief franc. C'est un bon compromis pour une salle de bain où l'esthétique compte autant que la sécurité.
Restent les traitements chimiques appliqués après pose, qui creusent la surface par microgravure. Ils dépannent sur un carrelage existant devenu glissant, mais leur effet s'atténue et ils ne donnent lieu à aucune note normalisée : le produit traité ne peut pas revendiquer une classe R, celle-ci se mesurant en usine.
Où lire ces classements sur une fiche technique
Savoir ce que valent les notes ne sert à rien si on ne sait pas où les trouver. Les fabricants de carreaux ne les présentent pas tous de la même façon, et ce guide serait incomplet sans quelques repères de lecture.
La note R apparaît presque toujours, souvent sous forme de pictogramme, parfois accompagnée de la mention DIN 51130. La note pieds nus est plus discrète : cherchez une lettre isolée A, B ou C, ou la mention DIN 51097. Son absence signifie en général que l'essai n'a pas été demandé par le fabricant, pas que les carreaux glissent.
Le classement UPEC figure sous la forme des quatre lettres suivies de leurs indices. Un point mérite attention : seul un certificat en cours de validité vaut classement. Une mention « conforme UPEC » sans référence de certificat n'engage que celui qui l'écrit, et le CSTB tient à jour la liste des produits réellement certifiés.
Enfin, méfiez-vous d'une formulation courante : « carreaux antidérapants » employé seul, sans note associée, ne veut rien dire. Un carreau se décrit par sa classe, jamais par un adjectif. En cas de doute sur un chantier accessible aux PMR, c'est la fiche technique du fabricant qui fait foi, pas l'argumentaire de la gamme.
Ce qu'on nous demande le plus souvent sur la glissance
Un carrelage R11 est-il utilisable en intérieur ?
Oui, sans difficulté technique. La réserve est pratique : son relief retient davantage les salissures et demande un entretien plus régulier qu'un R9 ou un R10. En intérieur sec, ce niveau d'adhérence n'apporte aucun bénéfice réel.
Le classement PEI indique-t-il si un carrelage est antidérapant ?
Non. Le classement PEI note la résistance à l'abrasion de surface des carreaux émaillés selon la norme ISO 10545-7. L'adhérence se lit uniquement sur le classement R ou sur le classement A, B, C.
Comment savoir si un carrelage convient à une douche ?
Il faut chercher la note pieds nus, A, B ou C. Une classe B convient à une douche domestique. Une note R seule ne permet pas de répondre, l'essai correspondant étant réalisé chaussé.
Peut-on rendre antidérapant un carrelage déjà posé ?
Un traitement de microgravure améliore l'adhérence d'un sol existant. Son effet diminue avec le temps et il ne donne aucune note normalisée, la mesure se faisant en usine sur un carrelage neuf.
Quelle est la différence entre le classement UPEC et le classement R ?
L'UPEC, délivré par le CSTB, décrit l'usure, le poinçonnement, la tenue à l'eau et aux agents chimiques. Le classement R mesure l'adhérence sur plan incliné. Aucune des quatre lettres de l'UPEC ne renseigne sur la glissance.
Un carrelage sans note PEI est-il de moins bonne qualité ?
Non. L'essai ne s'applique qu'aux carreaux émaillés. Un grès cérame pleine masse n'en porte pas parce que sa matière est homogène sur toute l'épaisseur, ce qui rend l'essai sans objet.
Faut-il un carrelage antidérapant sur un plancher chauffant ?
La question est indépendante : le mode de chauffage n'influe pas sur l'adhérence. Ce sont l'épaisseur du carrelage et la nature de la pose qui demandent alors une attention particulière.
Poser et entretenir un carrelage antidérapant
Une bonne note ne survit pas à une pose approximative. Trois points méritent d'être anticipés, et ils relèvent du chantier plus que du produit.
Le premier est la pente. Sur une terrasse ou une plage de bassin, une pente de l'ordre de 1 à 2 pour cent évacue l'eau et retire au sol l'occasion de devenir glissant. Aucun classement ne compense une surface plane qui retient une flaque.
Le deuxième est le joint. Un joint plus large augmente le nombre de ruptures de surface sous le pied et améliore l'accroche réelle, quand un joint minimal sur grand format donne une surface presque continue. Le format joue donc autant que le carrelage lui-même, et notre rubrique consacrée aux conseils de pose et à l'entretien détaille les arbitrages format par format. Sur un sol chauffant, la pose de carrelage sur répartiteur de chaleur ajoute ses propres contraintes d'épaisseur.
Le troisième est l'entretien, et c'est le plus sous-estimé. Un détergent gras mal rincé dépose un film qui annule l'adhérence mesurée en laboratoire. Sur un carrelage structuré, ce film se loge dans le relief, à l'endroit précis qui devait accrocher le pied. Un sol classé R11 mal entretenu peut devenir plus glissant qu'un R10 correctement rincé, ce qui explique bien des déceptions attribuées à tort au produit.
Dernier point, sur les terrasses couvertes : une surface protégée sèche moins vite qu'une terrasse exposée, l'eau y stagne plus longtemps et les mousses s'y installent. Le choix d'un carrelage effet pierre sous pergola gagne à intégrer ce paramètre, un R11 étant préférable même sous abri.








